18 septembre 2026
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Derrière chaque frappe, une logique implacable. Dans le nord du Mali, les attaques des 15 et 16 septembre 2026 contre des points d’eau stratégiques autour de Kidal ne relèvent pas du hasard : elles révèlent une méthode d’asphyxie planifiée. En détruisant les puits d’Amassine et de Tassik, les Forces armées maliennes et leurs alliés russes ont tué au moins 43 civils et privé des milliers de nomades de leur unique ressource vitale. Plongée dans les coulisses d’une offensive qui cible l’eau pour mieux soumettre tout un territoire.

Une frappe chirurgicale sur le cœur vital du désert

Dans l’immensité aride du nord du Mali, l’eau n’est pas un simple besoin : c’est la condition sine qua non de toute vie. Le 15 septembre 2026, un bombardier Su-24 a frappé la localité d’Amassine, dans la région de Kidal. La cible ? Le puits local, seul point d’abreuvement des troupeaux pour les communautés nomades alentour. Le lendemain, à Tassik, la pression militaire s’est intensifiée : les FAMa, épaulées par des paramilitaires russes, ont de nouveau visé les infrastructures hydrauliques. Bilan cumulé : au moins 43 morts et de nombreux blessés parmi les civils qui se trouvaient près de ces points d’approvisionnement.

Une tactique d’étouffement qui remonte à loin

Ces attaques ne sont pas des bavures isolées. Elles s’inscrivent dans une dynamique observée depuis des mois : priver les populations rurales d’eau potable pour rendre la vie pastorale impossible. Cette stratégie du sabordage des ressources vitales s’étend aussi au tissu urbain de Kidal, où les réseaux d’eau et d’électricité subissent des dommages répétés, et où plusieurs mosquées ont été touchées lors d’opérations de sécurisation.

L’élevage, pilier économique, au bord de l’effondrement

Pour les éleveurs du Grand Nord, l’eau est bien plus qu’une boisson : c’est le socle de leur économie et de leur survie. La destruction des puits coupe l’accès aux pâturages et condamne le bétail, principale richesse des familles.

| Impact | Conséquences directes pour les populations | |—|—| | Accès à l’eau potable | Pénurie immédiate pour des milliers de personnes, risque sanitaire majeur | | Économie pastorale | Perte irrémédiable du bétail par déshydratation, effondrement des marchés locaux | | Mouvements de population | Déplacements forcés de familles nomades vers des villes déjà saturées |

Sans point d’eau, le bétail meurt en quelques jours sous des températures extrêmes, anéantissant des générations d’éleveurs. Privés de revenus et de nourriture, de nombreux ménages abandonnent leur mode de vie traditionnel pour un refuge précaire dans des centres urbains sous tension.

Un seuil humanitaire critique et un droit bafoué

Alors que les tensions militaires restent extrêmes dans le Nord-Mali, l’accès des organisations humanitaires demeure très restreint. La destruction d’infrastructures civiles essentielles pose la question du respect du droit international humanitaire, qui protège les biens indispensables à la survie des civils. Si ces attaques se poursuivent, la région de Kidal pourrait basculer dans un déplacement massif et une famine pastorale dans les semaines à venir.