22 septembre 2026
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Derrière le bilan officiel de 48 morts et près de 180 intoxications graves dans l’État d’Ondo, au sud-ouest du Nigéria, se cache une mécanique criminelle bien rodée. L’analyse des circonstances révèle que ce drame sanitaire n’est pas un simple accident, mais l’aboutissement d’une chaîne de négligences et de profits illicites autour de l’alcool artisanal coupé au méthanol.

Anatomie d’une intoxication mortelle

Les investigations toxicologiques ont mis en évidence la présence de méthanol à des concentrations léthales dans plusieurs lots de boissons artisanales. Ce produit, un alcool industriel utilisé comme solvant ou carburant, est un poison redoutable pour le corps humain.

Parmi les breuvages incriminés figure une préparation très populaire localement sous le nom de « Monkey Tail ». Les victimes, principalement recensées dans les zones de gouvernement local d’Odigbo et d’Irele, ont consommé ces mixtures sans se douter de leur dangerosité.

Des séquelles irréversibles pour les survivants

Si le nombre de décès est déjà alarmant, les rescapés hospitalisés paient un lourd tribut. Plusieurs dizaines d’entre eux souffrent de complications permanentes, notamment des cas de cécité définitive et des insuffisances rénales aiguës.

Les coulisses d’un trafic lucratif

L’enquête menée par les autorités nigérianes éclaire les rouages de ce commerce clandestin. Au moins quinze suspects ont été appréhendés par la police de l’État d’Ondo pour leur implication présumée dans la fabrication, le coupage et la distribution de ces liqueurs frelatées.

Les descentes se sont multipliées sur les marchés locaux et chez les vendeurs informels, aboutissant à la saisie de stocks suspects et à la fermeture de distilleries illégales.

Les raisons d’un phénomène récurrent

Ce drame met en lumière les causes profondes de la persistance de ces pratiques : un commerce informel prospère, alimenté par la demande de boissons à bas coût dans des régions où le pouvoir d’achat est limité. Le méthanol, moins cher que l’éthanol, devient alors une substance de coupe privilégiée par des réseaux sans scrupules.

Appel à la vigilance et mesures d’urgence

Face à l’ampleur de la crise, l’Agence nationale pour l’administration et le contrôle des aliments et des médicaments (NAFDAC) ainsi que le ministère de la Santé de l’État d’Ondo ont lancé un avertissement pressant. Ils exhortent la population à éviter toute boisson alcoolisée artisanale ou vendue hors des circuits agréés.

Ce nouvel épisode tragique confirme que la lutte contre l’alcool frelaté reste un défi majeur de santé publique en Afrique de l’Ouest, où des drames similaires se répètent régulièrement.