7 septembre 2026
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Lors d’une audition au Congrès, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a admis que l’arrêt du Tribunal suprême concernant les refoulements à la frontière de Sebta avait généré un « appel d’air », facilitant les entrées massives de migrants les 30 et 31 juillet.

Pour justifier ses propos, elle s’est fondée sur un rapport interne de l’état-major de la Défense, détaillant la progression en trois étapes de cette mobilisation. Dès le 8 juillet, date de publication de la décision de justice stipulant que les nageurs ne pouvaient être refoulés par voie maritime, « plusieurs centaines » de personnes ont commencé à tenter la traversée. Leur nombre a ensuite augmenté progressivement, avant d’atteindre plusieurs milliers.

Selon Margarita Robles, cet « appel d’air » a été amplifié par une interprétation biaisée de l’arrêt, largement diffusée sur les réseaux sociaux. Un autre facteur a joué un rôle clé : la Fête du Trône au Maroc, présentée comme une opportunité pour franchir la frontière. Des groupes Facebook auraient relayé l’idée que les effectifs policiers seraient réduits du côté marocain en raison des célébrations.

Une mobilisation spontanée et virale

La ministre a souligné que l’afflux massif n’était pas le fruit d’une organisation centralisée, mais d’une « auto-organisation » des migrants. Ces derniers auraient répondu à un « message d’opportunité », alimenté par des publications affirmant l’absence d’obstacles à l’entrée à Sebta.

Les réseaux sociaux ont joué un rôle central dans cette dynamique. Leur rapidité de diffusion aurait empêché les forces de sécurité d’intervenir à temps, les tentatives de passage se multipliant simultanément par milliers. Margarita Robles a également précisé qu’une réponse par la force aurait été impossible sans risquer des conséquences dramatiques : « Le nombre de morts aurait été incalculable », a-t-elle déclaré devant la commission de la Défense.

Réaction du Maroc et création d’un commandement unifié

Les déclarations de Margarita Robles font écho aux explications fournies par le Maroc début août. Le ministère de l’Intérieur avait alors évoqué une réponse proactive, combinant détection précoce des signaux, renforcement des contrôles et surveillance accrue des frontières terrestres et maritimes. Rabat avait imputé ces tentatives de passage à la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux, aux réseaux de trafic d’êtres humains et à une mauvaise interprétation des décisions judiciaires espagnoles.

Parallèlement, une réunion du Conseil de sécurité nationale, présidée par Pedro Sánchez, a officialisé la création d’un commandement unifié pour gérer la crise. Dirigé par le ministre de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, ce comité réunira le délégué du gouvernement Juan Jesús Vivas, des représentants du Centre national de renseignement ainsi que les ministères concernés.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où huit ministres doivent rendre des comptes au Congrès sur la gestion de cette crise, déclenchée 26 jours plus tôt par l’arrivée d’environ 80 000 migrants.