23 juillet 2026
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crise interne au pastef : le clash sonko-faye qui secoue la politique sénégalaise

Depuis plusieurs semaines, le parti Pastef traverse une période de turbulence sans précédent. Des figures emblématiques jusqu’aux jeunes militants, en passant par des directeurs d’agences publiques, le nombre de démissions s’accélère. Ce phénomène, qui semblait isolé il y a peu, révèle désormais une fracture profonde au sein même du mouvement qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la Présidence.

Ce qui débutait comme des départs dispersés a pris, en l’espace de quelques jours, l’ampleur d’une véritable hémorragie. Des cadres historiques aux responsables locaux, en passant par des ministres en poste, la liste des démissionnaires s’allonge de manière inquiétante. Une explication s’impose avec une clarté croissante : la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, deux piliers de l’alternance de mars 2024, est désormais consommée.

Jusqu’à présent, le tandem Faye-Sonko incarnait l’espoir d’une nouvelle ère politique au Sénégal. Pourtant, depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature en mai 2026, les tensions se sont cristallisées. Bien qu’ayant conservé la direction du parti, Ousmane Sonko a vu son influence diminuer au profit d’une mainmise croissante de la Présidence sur les institutions. Cette divergence stratégique a atteint un paroxysme avec la création annoncée d’un parti présidentiel unifié, une décision perçue comme un rejet définitif du mouvement dont il est le fondateur.

Le signal le plus fort de cette scission est venu de la démission de Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme, reconduit pour un troisième mandat quelques jours seulement après qu’Ousmane Sonko eut critiqué publiquement certains membres du gouvernement pour leur manque de fidélité aux orientations du parti. Le ministre a tenu à préciser qu’il n’avait pas agi sous la pression du chef de l’État, tout en réaffirmant son respect pour son ancien mentor.

Réforme constitutionnelle et création d’un parti présidentiel : les étincelles de la crise

Le 3 juillet, Bassirou Diomaye Faye a franchi une étape décisive. L’annonce de la mise en place d’un nouveau parti présidentiel, destiné à fédérer les soutiens autour de sa vision, a confirmé ce que beaucoup pressentaient : la rupture avec le Pastef est désormais irréversible. Dans les coulisses, la coalition « Diomaye Président » s’organise activement pour accueillir les nouveaux adhérents, tandis que les partisans d’Ousmane Sonko se retrouvent dans une position défensive.