9 juillet 2026
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Lors d’un récent débat en ligne animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Prince Epenge, membre du C64, a fermement réfuté les arguments de Christian Lumu, cadre de l’UDPS, concernant une potentielle révision de la constitution de la République Démocratique du Congo (RDC).

Le paradoxe d’un bilan positif et d’une « mauvaise » constitution

Prince Epenge a d’emblée pointé une incohérence dans le discours de l’UDPS. Comment, s’est-il interrogé, peut-on se targuer d’un bilan gouvernemental jugé positif tout en critiquant sévèrement le cadre constitutionnel en place ? Il a rappelé que la fonction première d’une constitution est de structurer l’accès au pouvoir, son exercice et sa transmission, et non de servir des ambitions personnelles. Epenge a également mis au défi Christian Lumu de préciser les « réalités » concrètes qui justifieraient une telle réforme constitutionnelle.

Déclaration de guerre : une procédure lourde ou une volonté politique ?

L’argument des « procédures lourdes » entravant une déclaration de guerre rapide a été balayé par Prince Epenge. Il a rappelé les propres paroles du Président Félix Tshisekedi qui, par le passé, avait affirmé pouvoir déclarer la guerre après une seule balle tirée. « Ignorait-il alors la lourdeur de la constitution ? Christian Lumu serait-il plus perspicace que le Président Tshisekedi lui-même ? » a-t-il ironisé, soulignant une apparente contradiction.

L’article 220 : un verrou contre la dérive monarchique

Le cœur de l’intervention de Prince Epenge a concerné l’article 220 de la constitution congolaise, qui sanctuarise la forme républicaine de l’État. Pour Epenge, toute tentative de toucher à cet article ouvrirait la porte à une dérive monarchique. Il a martelé : « Dans une république, personne ne peut exercer une part du pouvoir sans l’aval du peuple. Dans un royaume, la transmission est d’ordre monarchique. » Il a conclu par une mise en garde solennelle : « Nous sommes prêts à nous battre jusqu’à notre dernier souffle pour préserver la forme républicaine de l’État en RDC. »

L’UDPS et la question du maintien au pouvoir

Prince Epenge a exprimé sa conviction que la motivation principale de l’UDPS derrière cette volonté de révision constitutionnelle est le maintien au pouvoir du Président Félix Tshisekedi. Il a rappelé que la constitution, issue des accords de Sun City, est le fruit d’un « compromis » historique visant à clore des débats fondamentaux sur la forme de l’État et le régime politique. Il a cité le référendum de 2005, validé par 61% des voix avec un taux de participation de plus de 84%, comme preuve de sa légitimité. Il a également souligné l’ironie que l’Union sacrée, composée à 80% d’anciens belligérants, puisse juger la constitution « mauvaise » malgré un bilan qu’elle qualifie de « positif ».

Des défis concrets plutôt que des révisions

Dans la partie la plus incisive de son discours, Prince Epenge a mis Christian Lumu au défi de nommer cinq articles précis de la constitution qui empêcheraient le Président Tshisekedi d’améliorer l’accès à l’eau, à l’électricité, de déclarer la guerre ou d’octroyer des bourses aux étudiants. Il a également dénoncé des pratiques de gouvernance qu’il attribue à la corruption plutôt qu’à des failles constitutionnelles, suggérant que l’argent public est souvent détourné avant d’atteindre le peuple. En conclusion, Prince Epenge a qualifié la démarche de l’UDPS de « suicidaire, fratricide » et potentiellement porteuse de « balkanisation du pays », arguant qu’une révision à chaque alternance transformerait la RDC en un pays à la constitution éphémère. Il a réaffirmé avec force : « La constitution congolaise est opérationnelle, elle est fonctionnelle. Le problème, c’est l’homme. »