consensus historique pour mettre fin à la grève des médecins en RDC
Kinshasa — Une avancée majeure a été enregistrée dans le secteur de la santé en République démocratique du Congo. Le gouvernement congolais a trouvé un terrain d’entente avec les syndicats de médecins, mettant ainsi un terme à un mouvement de grève qui paralysait le système hospitalier depuis plusieurs semaines.
Un accord salué par toutes les parties
Lors de la 94ᵉ séance du Conseil des ministres, présidée par le chef de l’État Félix Tshisekedi, une série de mesures concrètes a été validée pour répondre aux revendications du personnel médical. Le ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, a présenté un rapport détaillé sur les engagements pris par le gouvernement, en remplacement du ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, alors en mission dans la province de l’Ituri.
Les discussions, qui se sont déroulées en deux temps — le 23 juin 2026 au ministère des Finances et le 7 juillet 2026 au ministère de la Santé publique — ont permis de dégager un consensus global sur les principales doléances des médecins. Ces négociations, menées dans un climat de transparence, ont abouti à des solutions pragmatiques pour améliorer les conditions de travail et de rémunération des professionnels de santé.
Des mesures immédiates pour le secteur médical
Parmi les engagements pris par l’exécutif figurent :
- L’intégration totale de la paie complémentaire dans les états liquidatifs dès le troisième trimestre 2026, garantissant ainsi une rémunération plus juste et transparente.
- L’alignement de 200 médecins sur les grilles salariales les plus avantageuses, une avancée significative pour les praticiens les plus expérimentés.
- La priorité accordée au secteur de la santé dans les opérations de modernisation de la Fonction publique, notamment en matière de mécanisation administrative.
- L’accélération du traitement des actes administratifs pour les médecins relevant de régimes spéciaux, notamment ceux de la Police nationale congolaise (PNC), des Forces armées de la RDC (FARDC) et de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU).
- L’assainissement du fichier de paie pour éliminer les irrégularités et améliorer la gestion des effectifs et des salaires.
« Les deux parties se sont engagées à examiner, dès août 2026, la question de l’alignement des autres catégories professionnelles du secteur médical » a déclaré Jean-Pierre Tshimanga Bwana, soulignant la volonté commune de poursuivre le dialogue constructif.
La fin d’un mouvement de protestation
En réponse à ces concessions, la coordination des syndicats de la santé a décidé de lever le mouvement de grève, mettant ainsi fin à une mobilisation qui avait fortement perturbé l’offre de soins dans le pays. Cette décision intervient quelques jours après le lancement par le Syndicat national des médecins (Synamed) de l’opération « Hôpitaux sans médecins », prévue du 7 au 16 juillet 2026 sur l’ensemble du territoire national, à l’exception des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.
Le Synamed justifiait cette action par le non-respect des engagements pris par le gouvernement et par l’absence de dialogue avec la Première ministre, malgré les directives présidentielles. Pendant cette période de grève, seuls les services d’urgence et les banques de sang devaient rester opérationnels, tandis que les cas critiques étaient redirigés vers des structures désignées.
Une avancée pour le système de santé congolais
Cette issue positive marque un tournant dans les relations entre l’État et les professionnels de santé. Elle démontre la capacité du gouvernement à écouter les préoccupations du secteur médical et à y répondre par des actions concrètes. Pour les patients, cette décision représente un soulagement, car elle permet un retour progressif à la normale dans les établissements de santé à travers le pays.
Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la mise en œuvre effective de ces mesures et garantir leur pérennité. Les observateurs saluent déjà cette avancée comme une étape importante vers le renforcement du système de santé en République démocratique du Congo.