9 juin 2026
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Une récente analyse économique met en lumière la vulnérabilité du Maroc face à un choc pétrolier provoqué par les tensions autour du détroit d’Hormuz. Dans le cadre d’un ouvrage collectif intitulé Hormuz and the Invisible Fractures: the Price of a Distant War, plusieurs experts internationaux décortiquent les répercussions mondiales du conflit opposant l’Iran, les États-Unis et Israël.

Un chapitre spécifique, construit à partir d’un modèle économique entrées-sorties, évalue les conséquences d’une flambée de 20 % des prix du pétrole sur trois économies nord-africaines : le Maroc, la Tunisie et l’Égypte. Les résultats classent le Maroc comme le pays le plus exposé, avec des secteurs comme l’agriculture, la construction, les transports et les activités dépendantes des produits énergétiques particulièrement touchés.

À l’inverse, l’Égypte pourrait tirer parti de la hausse des cours grâce à ses recettes pétrolières d’État, tandis que la Tunisie affiche un bilan sectoriel contrasté mais globalement équilibré, malgré d’importantes disparités internes.

Au-delà de l’impact économique direct, l’ouvrage considère que la guerre de 2026 constitue un tournant dans l’ordre international. Il met en avant la fragmentation croissante du système mondial, l’affaiblissement des mécanismes de coopération et de dissuasion, et l’émergence d’un monde multipolaire où les conflits sont davantage gérés que résolus. Les divergences transatlantiques sur l’usage de la force et la gestion des crises sont également soulignées.

L’étude alerte aussi sur les risques pour la sécurité énergétique africaine, les équilibres sahéliens et les économies sud-américaines, tout en insistant sur le rôle croissant des minerais stratégiques dans les nouvelles dynamiques géopolitiques.

Ces travaux constituent une contribution au débat sur les stratégies à adopter face à des crises susceptibles de perturber durablement les chaînes d’approvisionnement, les marchés de l’énergie et les équilibres géopolitiques mondiaux.