5 juillet 2026
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Une mission d’enquête internationale de l’Organisation des Nations Unies a exposé publiquement, ce lundi 29 juin 2026 à Genève, les premières conclusions de son investigation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Présidée par Arnauld Akodjenou, cette commission indépendante a souligné l’urgence d’une réponse crédible face à la crise multidimensionnelle qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo.

Lors d’une séance ouverte aux États membres, aux acteurs de la société civile et aux représentants du gouvernement congolais, la Commission a détaillé les témoignages recueillis lors de sa première mission à Kinshasa. Bien que l’accès direct à Goma n’ait pu être obtenu pour des raisons sécuritaires, les échanges avec des survivants, des responsables locaux et des organisations humanitaires ont révélé une situation alarmante.

une crise aux multiples visages

Les informations collectées par la Commission pointent vers des violations graves et systématiques des droits humains. Parmi les faits documentés :

  • Violences envers les civils, incluant meurtres illégaux, arrestations arbitraires et attaques ciblant les infrastructures essentielles comme les écoles et les centres de santé ;
  • Violences sexuelles liées au conflit, avec des cas d’esclavage sexuel et de recrutement forcé d’enfants soldats ;
  • Obstacles à l’aide humanitaire, notamment des barrages routiers imposant des « taxes » illégales et des entraves délibérées à l’accès des organisations humanitaires ;
  • Menaces contre les défenseurs des droits humains et les journalistes, rendant toute surveillance indépendante encore plus périlleuse.

« Les témoignages que nous avons reçus sont accablants et exigent une réponse immédiate », a déclaré Arnauld Akodjenou. « Les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu subissent une crise humanitaire aggravée par les déplacements massifs, la résurgence d’épidémies comme l’Ebola, et l’effondrement partiel des institutions locales. »

un mandat clair : vérité, preuves et prévention

Créée en février 2025 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, cette Commission a pour mission de :

  • Établir les faits avec rigueur et impartialité, sans partialité envers un État, une communauté ou une institution ;
  • Préserver les preuves pour faciliter d’éventuelles poursuites judiciaires ;
  • Contribuer à la lutte contre l’impunité en recommandant des mesures concrètes ;
  • Prévenir de nouvelles violations en identifiant les causes profondes du conflit et en proposant des solutions durables.

« Notre objectif n’est pas de désigner des coupables, mais de rétablir la vérité pour les victimes », a insisté le président de la Commission. « Nous travaillons dans un contexte où les conditions de sécurité et de protection des témoins restent précaires. Chaque jour de retard dans notre intervention directe à Goma et dans d’autres zones critiques aggrave la souffrance des populations. »

La Commission a également annoncé son intention de se rendre prochainement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dès que les conditions le permettront, afin de recueillir des preuves sur le terrain et d’interroger directement les acteurs locaux.

réactions et perspectives

Face à ces révélations, la délégation congolaise présente à Genève a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à collaborer avec la Commission. « Nous prenons acte de la gravité de la situation et réitérons notre volonté de travailler avec toutes les parties pour mettre fin à ces violations », a souligné un représentant du ministère congolais des Droits humains.

De son côté, la Commission a appelé à un renforcement des moyens financiers et logistiques pour mener à bien sa mission. « Sans un soutien accru de la communauté internationale, notre capacité à protéger les victimes et à documenter les crimes restera limitée », a averti Arnauld Akodjenou.

Cette enquête s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes dans l’Est de la RDC, où les combats entre groupes armés et forces gouvernementales se poursuivent depuis le début de l’année 2025. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent les épicentres d’une crise humanitaire et sécuritaire qui touche des millions de civils.

La Commission d’enquête de l’ONU a promis de publier un rapport détaillé dans les mois à venir, incluant des recommandations pour une résolution pacifique du conflit et la protection des droits fondamentaux des populations congolaises.