7 septembre 2026
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Une survie quotidienne à 2 000 francs par jour

Pour des milliers de foyers tchadiens, 2 000 francs par jour représentent le seuil minimal de survie. Répartis entre cinq ou six membres, cela équivaut à 375 francs par personne, une somme dérisoire pour se nourrir décemment. Dans les foyers, l’urgence se fait sentir dès l’achat des denrées : les protéines disparaissent en premier, suivies des légumes. Le repas se réduit à ce qui peut tenir dans l’assiette, au détriment de l’équilibre nutritionnel, surtout pour les enfants.

Le poids écrasant de la précarité sur les femmes

Au cœur de cette crise, la femme tchadienne porte une responsabilité écrasante : elle gère le budget du ménage. Quand les prix flambent, c’est elle qui subit les premières critiques, voire les reproches. Sa résilience est souvent la seule barrière entre la famille et la famine. Pourtant, les autorités peinent à instaurer des mécanismes de contrôle durables. Les interventions ponctuelles ne font que effleurer le problème, avant que les prix ne repartent à la hausse.

Un pays riche en terres, mais affamé

Le Tchad dispose de 33 millions d’hectares de terres arables, sur un territoire de 1,28 million de km². Pourtant, la faim persiste. Dans les villes, tout s’achète à prix d’or, mais les campagnes ne sont pas épargnées. Les paysans et éleveurs subissent des pressions constantes : bétail en divagation, champs ravagés, absence de recours judiciaire. La désertion des campagnes s’accélère, poussant les populations vers des zones déjà saturées comme N’Djamena, où la sécurité reste précaire.

Des conflits qui bloquent l’autosuffisance alimentaire

Les tensions entre agriculteurs et éleveurs étouffent la production locale, essentielle pour stabiliser les prix en ville. Protéger ces deux acteurs est devenu une nécessité. Sans cela, les marchés urbains resteront dépendants des importations, souvent coûteuses et instables.

Un SMIG figé depuis 2011 face à une inflation galopante

Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 60 000 francs CFA n’a pas bougé depuis 2011, alors que les prix ont doublé. À N’Djamena, une simple chambre se loue entre 20 000 et 25 000 francs, sans compter l’électricité et les charges. Pour bien des familles, ces dépenses absorbent l’intégralité des revenus, les condamnant à une survie permanente.

Les solutions avancées par Remadji Ngaba : agriculture, eau et surveillance des prix

Face à cette crise, le sociologue Remadji Ngaba propose des pistes concrètes :

  • Subventionner les projets agricoles pour relancer la production locale ;
  • Valoriser les ressources en eau, un levier sous-exploité ;
  • Instaurer un suivi régulier et transparent des prix sur les marchés.

« Ils ont faim aussi », rappelle-t-il à l’attention des dirigeants. « Ils voyagent, voient comment d’autres pays gèrent leur quotidien. Il est temps d’agir pour améliorer la vie de leur peuple. »