25 septembre 2026
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Derrière l’apparente banalité d’une audience au cabinet du ministère de la Défense nationale, c’est un tournant stratégique qui se dessine pour le Bénin. En recevant une haute délégation diplomatique et militaire de la République algérienne démocratique et populaire, Cotonou ne se contente pas de renforcer ses alliances sécuritaires : il révèle les ressorts profonds d’une diplomatie de la défense qui cherche à s’affranchir des schémas classiques. Décryptage d’une poignée de main qui en dit long sur les ambitions béninoises face à la menace djihadiste au Sahel.

Une audience qui acte la fin des alignements automatiques

L’événement, loin d’être anodin, intervient dans une sous-région ouest-africaine en pleine recomposition géopolitique. La pression constante des groupes armés terroristes dans le nord du Bénin impose une riposte à la hauteur. Mais au-delà de l’urgence sécuritaire, la rencontre entre les autorités béninoises et la délégation algérienne marque la concrétisation d’un partenariat stratégique de défense bilatéral. Un choix qui en dit long sur la volonté de Cotonou de diversifier ses appuis, sans dépendre exclusivement des partenaires occidentaux traditionnels ou de schémas d’alignement stricts.

Algérie : un modèle de contre-terrorisme qui séduit Cotonou

Pourquoi Alger ? La réponse tient en un mot : expertise. L’armée algérienne dispose d’une expérience reconnue à l’échelle internationale en matière de lutte contre les maquis insurgés, de contrôle des frontières terrestres et de surveillance en milieu semi-aride et sahélien. Un savoir-faire qui intéresse directement les Forces armées béninoises (FAB), confrontées à un ennemi insaisissable et à un terrain complexe.

Un levier de formation pour les élites militaires béninoises

L’accès aux prestigieuses académies militaires et centres de formation tactique algériens constitue un levier majeur pour la montée en puissance de l’encadrement et des unités d’élite des FAB. C’est l’un des piliers de ce rapprochement : la formation continue des cadres, gage d’une professionnalisation accélérée.

Ce que prévoit concrètement le rapprochement Bénin-Algérie

Au-delà de la courtoisie diplomatique, les échanges ont débouché sur des orientations concrètes destinées à structurer durablement la coopération. Les deux parties ont posé les jalons d’un accord-cadre de défense instituant une coopération technique renforcée, la formation continue des cadres militaires béninois et le transfert d’expérience en matière de gestion de crise et de renseignement d’origine électromagnétique et tactique.

Une concertation opérationnelle permanente

Béninois et Algériens sont convenus d’établir un canal de communication direct et régulier pour coordonner l’évaluation des menaces transfrontalières qui déstabilisent l’espace sahélo-saharien et menacent le golfe de Guinée. Un mécanisme qui vise à anticiper les mouvements des groupes armés et à fluidifier la riposte.

Les dessous d’une diplomatie de la défense proactive

Alger confirme à travers cette poignée de main sa volonté de réinvestir le terrain diplomatique et sécuritaire en Afrique subsaharienne. Tandis que Cotonou consolide sa posture de verrou stratégique protégeant la côte ouest-africaine. En scellant ce rapprochement, le Bénin montre qu’il entend répondre à la crise sécuritaire régionale par une stratégie proactive : former ses hommes, diversifier ses appuis et s’adosser à l’expertise d’acteurs continentaux majeurs.