
Le Cardinal Fridolin Ambongo et le président Sassou-Nguesso unissent leurs voix pour la stabilité de la RDC
Une audience historique au service de la République démocratique du Congo
Le Cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et figure spirituelle majeure de la République démocratique du Congo, a rencontré ce jeudi 9 juillet 2026 le président Denis Sassou-Nguesso à la résidence présidentielle du Plateau, à Brazzaville. Cette audience s’inscrit dans une série de consultations engagées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, alors président en exercice de l’Union africaine, auprès des leaders religieux congolais et des acteurs politiques nationaux.
Les échanges entre les deux personnalités ont porté sur les défis majeurs auxquels fait face la RDC, notamment :
- L’instabilité politique persistante, alimentée par les débats autour d’un éventuel changement constitutionnel
- La crise sécuritaire dans l’Est du pays, aggravée par l’activité des groupes armés et les tensions régionales impliquant le Rwanda
- L’impact humanitaire dévastateur du conflit, avec des conséquences dramatiques pour les populations civiles
Une préoccupation partagée pour l’avenir du Congo
À l’issue de cette audience, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a partagé les impressions du Cardinal Ambongo. Il a révélé l’inquiétude profonde du président congolais face à la situation de la RDC, qualifiant la crise de « très grave » pour l’Afrique contemporaine.
« Le président Denis Sassou-Nguesso s’est montré profondément préoccupé par la situation que traverse notre pays, qu’il considère comme un pays frère. En recevant le Cardinal Fridolin Ambongo, il a souhaité entendre l’analyse d’un pasteur sur la gestion de la chose publique et la vie humaine. Pour lui, la fragilité actuelle de la RDC représente une menace majeure pour la stabilité du continent », a expliqué Monseigneur Nshole.
Le secrétaire général de la CENCO a également confirmé que le président congolais avait déjà échangé avec son homologue congolais, Félix Tshisekedi, lors d’un déplacement récent à Brazzaville. Ces consultations multiples illustrent l’urgence d’une coordination régionale pour résoudre la crise.
La guerre dans l’Est : un bilan humanitaire accablant
Monseigneur Nshole a rappelé l’ampleur des souffrances endurées par la population congolaise, notamment dans les provinces orientales. Les combats incessants, l’agression rwandaise via le groupe M23 et la multiplication des groupes armés ont plongé des milliers de familles dans une précarité extrême.
« Regardez ce qui se passe à l’Est : le pays est en guerre. Des milliers de nos concitoyens ne peuvent plus vivre normalement. Les pertes humaines s’accumulent sur les champs de bataille, et ces drames ne doivent pas être minimisés », a-t-il souligné avec gravité.
Cette rencontre survient dans un contexte où l’Église catholique congolaise réaffirme son opposition catégorique à toute révision constitutionnelle. Dans un message diffusé le 20 juin 2026, les évêques de la CENCO ont clairement affirmé :
« Après un discernement approfondi, nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de modifier la Constitution. La priorité absolue pour la RDC reste la paix, le bien-être social, l’unité et la cohésion nationale ».
Un contexte politique sous haute tension
Cette prise de position des évêques s’oppose frontalement aux intentions de l’Union sacrée de la Nation, plateforme politique du président Félix Tshisekedi. Cette dernière a en effet exprimé son intention de réviser la Constitution, une démarche vivement contestée par l’opposition et la société civile. Pour ses détracteurs, cette initiative vise à contourner la limite des deux mandats présidentiels et à permettre au chef de l’État de se maintenir au pouvoir au-delà de 2028.
Le second mandat de Félix Tshisekedi arrive en effet à échéance en décembre 2028, avec une passation de pouvoir prévue pour janvier 2029. Dans ce climat politique tendu, l’intervention de Monseigneur Nshole et le soutien du président Sassou-Nguesso prennent une dimension stratégique pour la stabilité du pays.
Un appel à l’unité et à l’action collective
La crise multidimensionnelle que traverse la RDC nécessite une mobilisation de tous les acteurs nationaux et internationaux. Le dialogue engagé entre le Cardinal Ambongo et le président Sassou-Nguesso s’inscrit dans cette dynamique, offrant une lueur d’espoir pour une résolution pacifique des conflits.
Alors que les défis restent immenses, cette rencontre rappelle l’importance cruciale de la médiation religieuse et politique pour préserver l’unité nationale et protéger les populations civiles.





