22 juillet 2026
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Une ambition partagée malgré des défis majeurs

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont uni leurs forces pour déposer une candidature commune en vue d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2032. Ce projet, présenté comme un symbole fort de cohésion au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), entend marquer une étape clé dans l’intégration régionale. Pourtant, derrière cette initiative se cache une réalité complexe : la capacité de ces trois nations à garantir un environnement sûr pour un événement d’une telle envergure.

Sécurité : le talon d’Achille de la candidature

Organiser une CAN ne se limite pas à la construction de stades. L’événement exige un cadre sécuritaire irréprochable pour protéger les athlètes, les officiels, les médias et les supporters. Or, les trois pays candidats traversent une période marquée par une insécurité endémique, malgré les promesses des régimes militaires arrivés au pouvoir après des coups d’État.

Les attaques contre les civils, les forces de l’ordre et les infrastructures se multiplient, tandis que de nombreuses zones restent sous l’emprise de groupes armés. Dans ce contexte, l’idée d’accueillir des milliers de visiteurs étrangers interroge : comment justifier un tel projet alors que les populations locales peinent à circuler en toute sécurité ?

Des défis logistiques et financiers colossaux

Une CAN impose des normes strictes en matière d’infrastructures. Réseaux routiers et aéroportuaires performants, hébergements adaptés, services médicaux d’urgence et dispositifs sécuritaires robustes : autant de critères difficiles à satisfaire dans un contexte où les ressources sont déjà mobilisées pour lutter contre l’insécurité.

Les investissements nécessaires pour répondre à ces exigences sont faramineux, alors que les budgets nationaux restent sous pression. La crédibilité d’une candidature dépendra donc de la capacité des États à démontrer une planification réaliste et des garanties tangibles.

Crédibilité internationale en jeu

Les partenaires de la CAN — fédérations, sponsors, diffuseurs — exigent des garanties absolues avant d’envisager une telle collaboration. Toute persistance de violences ou d’instabilité pourrait compromettre les chances de la candidature. Les organisateurs doivent donc prouver que le risque est maîtrisé, sous peine de voir leur projet rejeté avant même d’être évalué.

Priorités nationales : un débat crucial

Pour les citoyens de ces trois pays, la sécurité quotidienne reste la première attente. Les régimes militaires avaient promis de restaurer l’ordre et de protéger les populations, mais les résultats concrets tardent à se concrétiser. Dans certaines régions, l’insécurité persiste, voire s’aggrave, alimentant les doutes sur l’efficacité des nouvelles autorités.

Dans ce contexte, une candidature à la CAN 2032 pourrait être perçue comme un projet prématuré. Avant de rêver à un événement sportif d’envergure, ne faudrait-il pas d’abord rétablir la paix et rassurer les populations ?

Un projet mobilisateur, mais conditionnel

Une CAN peut être un formidable levier de développement et de fierté nationale. Cependant, son succès dépendra avant tout de la stabilité durable des pays candidats. Les déclarations politiques ne suffiront pas : il faudra des actions concrètes, une gouvernance renforcée et une sécurité effective pour convaincre le continent et le monde.

Tant que ces conditions ne seront pas remplies, l’idée même d’accueillir la CAN 2032 restera perçue comme un pari audacieux, voire irréaliste, plutôt que comme une opportunité à saisir.