Le Cameroun franchit une étape décisive dans la modernisation de sa gestion énergétique. Sous l’impulsion d’un atelier organisé à Douala, des acteurs clés du secteur public, des institutions spécialisées et des partenaires internationaux unissent leurs efforts pour structurer les comptes énergétiques du pays. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large visant à aligner les politiques énergétiques, économiques et environnementales sur les enjeux contemporains.
Un outil statistique au service de la transition énergétique
Les comptes énergétiques représentent un levier stratégique pour le Cameroun. Ce dispositif permet de cartographier l’ensemble du cycle énergétique : de l’extraction des ressources à leur consommation finale, en passant par leur transformation et leur commercialisation. En intégrant ces données à l’analyse économique et environnementale, les décideurs disposent d’une vision holistique des interactions entre énergie, croissance et écologie.
Cette approche répond à des interrogations centrales pour l’avenir du pays : quels secteurs consomment le plus d’énergie ? Comment optimiser les flux énergétiques ? Quel impact les politiques publiques ont-elles sur la création de richesse et les émissions de CO₂ ? Autant de questions dont les réponses éclaireront les choix d’investissement dans les infrastructures et les technologies vertes.
Un cadre aligné sur les ambitions nationales et internationales
L’élaboration de ces comptes s’appuie sur le Système de comptabilité économique et environnementale (SCEE), un standard onusien adopté pour harmoniser les statistiques sectorielles. Ce cadre méthodologique assure une cohérence avec les priorités camerounaises, notamment la Vision 2035 et la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Ces documents stratégiques font de l’industrialisation durable et de la transition énergétique des piliers du développement économique et social.
Par ailleurs, les comptes énergétiques joueront un rôle clé dans le suivi des Objectifs de développement durable (ODD). Ils permettront d’évaluer les progrès réalisés en matière d’accès à une énergie propre, de réduction des émissions polluantes et de gestion rationnelle des ressources naturelles.
Un atelier à Douala pour poser les bases opérationnelles
L’atelier de Douala, qui se déroule du 22 au 26 juin 2026, marque une phase cruciale du projet. Son objectif ? Identifier les besoins des utilisateurs, évaluer les données disponibles, combler les lacunes et définir une feuille de route concrète pour la compilation des comptes énergétiques. Cette rencontre rassemble des représentants des ministères concernés, des agences énergétiques, ainsi que des experts techniques et financiers.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement de la comptabilité environnementale et économique (PNDEAE), adopté en 2023. Ce plan positionne la comptabilité énergétique comme une priorité pour renforcer la planification stratégique et améliorer l’efficacité des politiques publiques.
Un accompagnement technique renforcé
Le Cameroun bénéficie d’un soutien méthodologique et technique de haut niveau. La Commission économique pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec l’Institut national de la statistique (INS) et la Banque mondiale, apporte une expertise adaptée aux normes internationales. Des spécialistes, dont ceux de l’Office for National Statistics (ONS) britannique, accompagnent le processus pour garantir la fiabilité et la pertinence des données produites.
Cette collaboration illustre l’engagement du Cameroun à moderniser son système statistique et à intégrer les enjeux environnementaux dans ses choix de développement. À terme, les comptes énergétiques offriront un éclairage indispensable pour piloter une croissance durable, résiliente et inclusive.