Cameroun : bientôt la fin des églises non officielles
Une décision forte vient d’être prise au Cameroun pour encadrer le paysage religieux. Le ministre en charge des cultes, Paul Atanga Nji, a clairement indiqué que 1 400 nouvelles églises, dépourvues de statut légal, seraient prochainement fermées. Cette annonce intervient après une période de tolérance durant laquelle ces structures devaient régulariser leur situation administrative, sans succès.
Des irrégularités administratives persistantes
En 2024, le gouvernement camerounais avait lancé un ultimatum aux églises nouvellement créées : s’enregistrer obligatoirement auprès des services compétents. Pourtant, malgré cette obligation, de nombreuses structures continuent d’opérer sans autorisation. « La période de tolérance est désormais terminée », a martelé le ministre lors d’une réunion exceptionnelle. Cette prise de position s’est intensifiée après un drame qui a marqué l’opinion publique : le meurtre d’une fillette de 11 ans par une fidèle de l’église Vie et Paix, agissant prétendument sur ordre divin.
Une série de crimes choque le pays
Ce cas n’est malheureusement pas isolé. Quelques mois plus tôt, en mars, une autre fillette de 11 ans avait également trouvé la mort dans des circonstances troublantes. Ces événements ont révélé les dérives auxquelles certaines églises non régulées peuvent conduire. Face à cette situation, les autorités camerounaises ont décidé de serrer la vis contre ces structures, dont certaines propagent des messages extrêmes ou des pratiques dangereuses.
Un phénomène en expansion depuis les années 1990
Le Cameroun, comme d’autres nations africaines, a connu une explosion du nombre d’églises indépendantes depuis 1994. Cette année-là, la loi sur la liberté d’association a facilité leur création, tandis que la dévaluation du franc CFA avait plongé les populations dans une précarité économique accrue. Cette vulnérabilité a poussé de nombreux Camerounais vers des mouvements religieux promettant salut et réconfort, parfois au détriment de leur sécurité.
Des mesures déjà en place
Dès 2025, les autorités avaient déjà sévi contre près de 200 lieux de culte non agréés, principalement pour nuisances sonores. Un avertissement avait été lancé aux responsables de ces églises : se mettre en règle ou risquer la fermeture définitive. « Commencez à plier bagage », avait alors prévenu le gouvernement. Aujourd’hui, cette fermeté s’étend à un nombre bien plus élevé de structures, afin de protéger les citoyens et de rétablir un cadre légal dans le domaine religieux.