13 juin 2026
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Les autorités burkinabè durcissent encore le ton contre les organisations religieuses. La junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré a annoncé la suspension pour trois mois de deux associations musulmanes, invoquant des motifs d’ordre public et de dérive par rapport à leurs objectifs déclarés.

Deux arrêtés publiés ce mardi 9 juin par le ministère de l’Administration territoriale frappent la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso, accusée de « troubles à l’ordre public », et l’association As Salam, sanctionnée pour « activités non conformes à son but ».

Une affaire qui secoue la communauté musulmane

Ces décisions interviennent dans un climat tendu, moins de deux semaines après l’arrestation de Mohamad Ishaq Kindo, figure influente de l’islam sunnite au Burkina Faso. L’imam avait vivement critiqué un projet de loi visant à renforcer l’encadrement de la liberté religieuse dans ce pays où les musulmans représentent environ 60 % de la population.

Arrêté le 26 mai, son lieu de détention reste inconnu. Plusieurs de ses partisans ont également été interpellés après des manifestations exigeant sa libération.

Un régime qui verrouille l’espace contestataire

Depuis son coup d’État de septembre 2022, Ibrahim Traoré multiplie les mesures pour contrôler les voix dissidentes. Les autorités justifient cette fermeté par la nécessité de préserver la stabilité face à la menace jihadiste qui frappe le Burkina Faso depuis plus d’une décennie.

Plus de 900 structures dans le collimateur

Le phénomène est massif : entre avril et mai, 811 associations ont été suspendues et 118 autres dissoutes, officiellement pour non-respect d’obligations administratives. Cette vague suscite l’inquiétude des observateurs sur l’évolution des libertés publiques dans ce pays sahélien en pleine crise sécuritaire.