7 septembre 2026

Une étude récente révèle que des factions de Boko Haram, au Nigeria, exploitent désormais des systèmes d’intelligence artificielle pour optimiser leurs opérations. Ces outils, comme ChatGPT ou DeepSeek, ne se limitent plus à la propagande mais servent aussi à la logistique, la planification et même la maintenance technique.

Une technologie intégrée dès 2023

Selon les témoignages de 27 anciens membres de l’organisation, collectés entre 2025 et 2026, l’utilisation de l’IA générative a débuté en 2023. Les plateformes comme ChatGPT, Claude, Gemini, Grok, Meta AI et DeepSeek sont désormais employées pour résoudre des problèmes concrets : organiser des déplacements, analyser les échecs d’attaques ou entretenir du matériel militaire.

Les combattants formulent des questions techniques aux outils, qui fournissent des réponses en quelques minutes, accélérant ainsi l’accès à des connaissances autrefois réservées aux spécialistes. Certains auraient même contourné les restrictions des plateformes en reformulant leurs demandes ou en utilisant plusieurs services simultanément.

Des cellules spécialisées formées avec l’aide de Daesh

L’intégration de l’IA s’est institutionnalisée avec la création d’unités dédiées, composées de membres aux compétences variées : ingénierie, armement, explosifs ou planification. Ces équipes, formées en partie par des instructeurs liés à Daesh, centralisent les questions des combattants et sélectionnent les réponses les plus pertinentes issues des systèmes d’IA.

L’accès aux équipements et aux comptes est strictement contrôlé pour éviter les fuites ou les surveillances. Les formations couvrent aussi des techniques pour contourner les limitations des outils, tandis que du matériel informatique et des logiciels de chiffrement ont été fournis par les instructeurs.

Des limites et des risques persistants

L’étude, publiée par le Cambridge Programme on AI Science & Policy, souligne plusieurs limites. Les conclusions reposent sur des déclarations d’anciens cadres intermédiaires, sans vérification indépendante. De plus, les modèles d’IA peuvent produire des informations inexactes ou inapplicables en situation réelle.

Pourtant, cette adoption massive montre que l’IA n’est plus un simple outil de propagande pour les groupes armés, mais un levier opérationnel accessible même avec des moyens limités. Les auteurs appellent à renforcer la collaboration entre développeurs, autorités et services de sécurité pour anticiper ces usages malveillants.

La question n’est plus de savoir si ces technologies seront utilisées, mais comment en limiter l’impact sur la sécurité régionale.