26 mai 2026
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Bilan des infrastructures maliennes : Sonko pointe 245 projets à relancer

Le Premier ministre Ousmane Sonko lors du conseil interministériel sur les infrastructures

Lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté un état des lieux préoccupant de 245 actifs et projets d’infrastructures répartis en quatre catégories. Ces infrastructures, issues des données ministérielles, nécessitent soit une mise en service urgente, soit une valorisation, soit un achèvement dans les meilleurs délais.

Quatre catégories d’infrastructures à optimiser

L’analyse menée a permis de classer ces projets selon leur état d’avancement et leur potentiel d’exploitation :

  • Infrastructures achevées mais non exploitées : 30 projets, dont 25 bloqués, représentant un investissement gelé de 279 milliards de francs CFA. Quinze de ces projets sont considérés comme prioritaires en raison de leur impact financier et des obstacles rencontrés.
  • Actifs déjà en service mais recyclables ou valorisables : 23 infrastructures réparties dans huit secteurs et gérées par 13 entités différentes. Leur valeur estimée s’élève à 1 065 milliards de francs CFA.
  • Projets en cours devant être achevés rapidement : 94 infrastructures, dont 62 bloquées. Leur coût total atteint 5 227 milliards de francs CFA, avec un besoin de financement complémentaire de 973 milliards pour leur finalisation.
  • Patrimoine immobilier et foncier recyclable : 97 biens de l’État, dont 91 situés dans la région de Dakar. Leur valeur marchande est estimée à 132 milliards, avec des coûts de rénovation de 12,1 milliards.

Des blocages aux causes multiples

Les retards et les blocages observés proviennent de plusieurs facteurs, selon le Premier ministre :

Blocages financiers

42 projets ont subi des arrêts liés à des insuffisances budgétaires, à des retards de paiement ou à des défauts de financement. Résultat : des travaux interrompus, des équipements non livrés ou des budgets de fonctionnement absents.

Problèmes techniques

Dix-huit projets sont bloqués en raison de dysfonctionnements techniques, souvent dus à une mauvaise coordination entre les différents acteurs, notamment les maîtres d’ouvrage et les opérateurs de réseaux (eau, électricité, télécoms). Ces retards entraînent des équipements manquants, des retards de livraison ou des sites non disponibles.

Obstacles juridiques

Quatorze projets sont paralysés par des conflits juridiques, des contrats annulés, des blocages administratifs ou l’absence de décrets institutionnels. Ces situations retardent la signature de conventions ou d’avenants nécessaires.

Défis opérationnels

Treize projets, bien que presque achevés, restent sans modèle d’exploitation ou de gestion, parfois depuis plusieurs années. Une situation paradoxale qui illustre l’absence de vision stratégique à long terme.

Une situation génératrice de pertes énormes

Ousmane Sonko a dénoncé les conséquences économiques de ces blocages : retards de livraison, défaillances dans la coordination, infrastructures inutilisées malgré leur achèvement. Pour lui, ces manquements s’expliquent par la roublardise, la négligence et le laxisme, qu’il juge inacceptables.

Mesures correctives annoncées

Face à cette situation, le Premier ministre a pris deux décisions majeures :

  • La création d’un comité dédié à la Primature pour finaliser l’inventaire des infrastructures et identifier les solutions adaptées.
  • Une demande formelle d’approfondir l’inventaire, qu’il juge incomplet.

Il a également insisté sur la nécessité d’anticiper les problèmes techniques liés aux raccordements hydrauliques et électriques et de systématiser la réflexion sur l’exploitation des infrastructures dès leur conception.

Ousmane Sonko a conclu en appelant à une tolérance zéro face à ces retards, soulignant que ces blocages engendrent des pertes colossales pour l’État et la société malienne.