25 juin 2026
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Bénin-Niger : les négociations avancent pour rouvrir la frontière

Vers une réouverture de la frontière Bénin-Niger ? "Ce serait un soulagement pour les deux pays", souligne Guillaume Moumouni

Fermée depuis trois ans, la frontière entre le Bénin et le Niger pourrait bientôt rouvrir. Le samedi 20 juin, le ministre nigérien de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, s’est rendu au Bénin pour rencontrer les experts chargés du dossier. Il a posé trois conditions préalables : la signature d’un accord de défense, celle d’un accord de sécurité garantissant la non-utilisation du territoire de l’un contre l’autre, et une transparence totale concernant les dispositifs étrangers stationnés près de la frontière. Guillaume Moumouni, docteur en sciences politiques, a analysé cette situation.

Le Bénin peut-il refuser les conditions posées par le Niger ?

Selon Guillaume Moumouni, il s’agit d’une négociation normale où chaque partie cherche à maximiser ses attentes. Le Bénin ne peut pas rejeter ces préalables sur le principe, d’autant qu’un accord de défense existait déjà avant sa dénonciation par le Niger en septembre 2023. La demande de transparence, elle, a déjà été satisfaite par des explications répétées sur l’absence de bases étrangères. Le troisième point, plus sensible, fera probablement l’objet de discussions approfondies, sans garantie d’acceptation immédiate.

Quels sont les principaux blocages après la visite de Romuald Wadagni ?

Le principal point d’achoppement reste la crainte nigérienne d’une violation de son territoire par des forces étrangères, en particulier la France. Celle-ci entretient des relations militaires avec le Bénin mais est en froid avec le Niger. Ce dilemme sécuritaire n’est pas insurmontable, car les deux pays ont manifesté une volonté politique de rapprochement. La partie nigérienne souhaite avant tout des garanties concrètes.

La réouverture est-elle inévitable pour l’économie et la sécurité ?

La fermeture de la frontière depuis trois ans pèse lourdement sur les économies des deux pays. Le port de Cotonou est la porte d’entrée naturelle du Niger, et le coût d’opportunité est très élevé pour les deux parties. Les populations riveraines et les transporteurs subissent également les conséquences. Guillaume Moumouni souligne qu’il est essentiel de faire comprendre au Niger que la fermeture n’est pas uniquement imputable au Bénin. Les deux économies ont tout à gagner à une réouverture rapide.