18 juillet 2026
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Cotonou mise sur deux leviers majeurs pour transformer son économie

Le gouvernement béninois et la Banque mondiale ont acté, lors d’une cérémonie officielle, l’octroi de deux financements d’un montant total de 320 millions de dollars. Cette enveloppe stratégique vise à accélérer la modernisation des infrastructures tout en renforçant le capital humain, posant ainsi les bases d’une croissance durable et inclusive. Une approche double qui reflète la volonté de Cotonou de conjuguer progrès économique et amélioration du quotidien des citoyens.

Dogo-Bis : un barrage aux multiples retombées pour l’Ouémé

Le premier projet, doté de 150 millions de dollars, concerne la construction du barrage hydro-multifonction de Dogo-Bis. Cette infrastructure, bien plus qu’un simple ouvrage énergétique, se veut un moteur de développement intégré pour la vallée de l’Ouémé. Sur le plan électrique, elle permettra de réduire la dépendance du Bénin aux importations d’énergie, offrant une électricité stable et compétitive aux industries locales. Édouard Dahome, Ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, a souligné l’importance de ce projet pour l’autonomie énergétique du pays.

Au-delà de l’aspect énergétique, Dogo-Bis jouera un rôle clé dans l’essor agricole. En garantissant un approvisionnement en eau maîtrisé, il sécurisera les rendements toute l’année et favorisera l’émergence d’un pôle agro-industriel. La transformation locale des produits agricoles, jusqu’ici limitée par des infrastructures insuffisantes, pourrait ainsi connaître un essor significatif, attirant de nouveaux investisseurs privés.

ALAFIA I : nourrir l’avenir par la santé et l’éducation

Le second volet, financé à hauteur de 170 millions de dollars, est consacré au Programme ALAFIA I, intitulé « Nourrir le Bénin pour l’avenir ». Ce programme cible prioritairement la petite enfance, la nutrition et la santé des femmes, des secteurs clés pour un développement humain durable. En investissant dans des services intégrés de qualité, le Bénin mise sur la prévention plutôt que sur le traitement, une stratégie économiquement judicieuse.

Les retombées de ce programme sont multiples : réduction des coûts de santé publique, hausse des taux de scolarisation et amélioration de la productivité future de la main-d’œuvre. Hugues Oscar Lokossou, Ministre délégué chargé de la mobilisation des ressources extérieures, a mis en avant l’importance de cette synergie : « Ces investissements améliorent la sécurité alimentaire, renforcent la connectivité des territoires et soutiennent la croissance économique. »

Une complémentarité stratégique pour une croissance résiliente

La force de cette double initiative réside dans leur complémentarité. Le barrage de Dogo-Bis, en boostant les capacités agricoles et énergétiques, fournit les ressources nécessaires pour alimenter les villes et les campagnes. Parallèlement, le programme ALAFIA I assure que la population, mieux nourrie et en meilleure santé, dispose des conditions optimales pour participer activement à cette dynamique de développement.

Cette approche holistique permet au Bénin de réduire sa dépendance aux importations alimentaires et de renforcer sa résilience face aux chocs économiques. En modernisant ses infrastructures et en valorisant son capital humain, Cotonou se positionne comme un acteur clé de la sous-région, attirant l’attention des bailleurs de fonds internationaux dans un contexte régional souvent instable.

Un modèle de développement à suivre pour l’Afrique de l’Ouest ?

Avec cette enveloppe de 320 millions de dollars, la Banque mondiale confirme sa confiance dans la gouvernance économique du Bénin. Le pays mise sur une transformation structurelle ambitieuse, passant d’une économie de transit et d’agriculture de subsistance à un modèle semi-industriel, diversifié et résilient. L’accent mis sur la durabilité et l’inclusion sociale, notamment pour les populations rurales et les groupes vulnérables, en fait un exemple potentiel pour ses voisins.

La signature de ces accords marque une étape cruciale pour l’avenir du Bénin. En investissant simultanément dans des infrastructures productives et dans le capital humain, le gouvernement béninois démontre une compréhension fine des enjeux du développement moderne. Reste désormais à concrétiser ces ambitions sur le terrain, une étape suivie avec une attention particulière par les citoyens et les analystes économiques.