L’attaque survenue le jeudi 18 juin 2026 a provoqué une onde de choc en Afrique de l’Ouest. Alors que les négociations en vue de la réouverture des frontières entre le Bénin et le Niger atteignaient un stade crucial, cette poussée de violence a brusquement paralysé la dynamique diplomatique. Derrière cet acte, plusieurs observateurs soupçonnent une guerre d’influence économique et pointent une possible ingérence du président togolais, Faure Gnassingbé.
Le JNIM comme instrument d’un sabotage politique
L’assaut aurait été mené par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Toutefois, la soudaineté et le moment choisi pour cette opération suscitent des interrogations. Pour nombre d’analystes régionaux, le groupe terroriste aurait agi en tant que prestataire pour le compte d’intérêts étatiques tiers. Le nom de Faure Gnassingbé revient avec insistance dans les cercles diplomatiques. Le chef de l’État togolais est accusé d’avoir financé cette attaque dans le but unique de faire échouer l’accord imminent entre Cotonou et Niamey.
La bataille des ports : le véritable mobile
Pour comprendre les dessous de cette affaire, il convient de dépasser le seul prisme sécuritaire et d’examiner la carte économique de la sous-région. Le cœur du problème : depuis la fermeture des frontières entre le Bénin et le Niger, le Port Autonome de Lomé (PAL) est devenu la voie de substitution pour les approvisionnements nigériens. Le Togo a ainsi capté massivement les flux de marchandises, générant des profits records. Une normalisation des relations entre le Bénin et les autorités nigériennes entraînerait un retour immédiat du transit par le port de Cotonou, nettement plus proche et naturel pour le Niger. Pour Lomé, la perte de ce trafic se chiffrerait en milliards de francs CFA.
Un coup d’arrêt pour la diplomatie régionale
En frappant le jour même où les positions bougeaient, les commanditaires de l’attaque s’assurent que la méfiance s’installe à nouveau entre le Bénin et le Niger. Si l’implication de Lomé venait à être formellement établie, cela marquerait un tournant dramatique dans les relations sous-régionales, prouvant que la guerre commerciale a désormais dépassé le cadre juridique pour s’exprimer sur le terrain de la violence.