15 juillet 2026
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Une nouvelle victime du terrorisme dans le Sahel malien

Le nom d’Abdoulaye Tandina résonne désormais comme un symbole tragique de la violence qui frappe la région de Tombouctou. Surnommé affectueusement Badou « Wayé » par les habitants de Tonka, ou Abba par les enfants qu’il côtoyait quotidiennement, ce boucher respecté a été froidement exécuté par des hommes armés lundi soir, alors qu’il vendait sa viande sur la place du marché.

Mali : assassinat ciblé à Tonka par des jihadistes

Issu d’une famille de bouchers de Tombouctou, Abdoulaye Tandina s’était installé à Tonka il y a près de quarante ans, où il avait gravi les échelons jusqu’à devenir chef des bouchers de la localité. Bien qu’il n’occupât plus officiellement cette fonction, son influence dans la communauté restait importante. Sa fille, installée à Tombouctou, se dit aujourd’hui « inconsolable » face à cette perte brutale, selon un proche de la famille.

Une série d’assassinats qui plonge la région dans l’inquiétude

Ce meurtre s’inscrit dans une série d’exécutions ciblées qui endeuillent Tonka depuis plusieurs mois. En novembre 2025, l’assassinat public de Mariam Cissé, une jeune influenceuse soutenant l’armée malienne, avait choqué la nation. En juin dernier, un maître coranique avait également été tué, suivi en mars par un responsable associatif local. En moins d’un an, quatre personnalités ont ainsi été supprimées, illustrant la montée des violences dans cette zone.

Pourtant, Abdoulaye Tandina ne semblait pas s’immiscer dans les débats politiques. Son entourage souligne qu’il « n’affichait pas ses convictions ». Certains évoquent un lien familial avec le chef de la délégation spéciale de Tombouctou, mais cette parenté ne suffit pas à expliquer cette exécution arbitraire. Un membre de sa famille confie son incompréhension face à ce choix des assaillants.

Les autorités locales, comme les forces armées, n’ont pas réagi publiquement à cet événement, laissant la population dans l’expectative et l’angoisse.

Un climat de terreur qui s’installe

Ces assassinats répétés révèlent une stratégie de terreur méthodique, visant à semer la peur parmi les civils. Les habitants de Tonka, déjà éprouvés par des années de conflits, voient leur quotidien basculer sous la menace permanente des groupes armés. L’absence de réaction des institutions ne fait qu’aggraver le sentiment d’abandon et d’insécurité qui gagne la région.

Dans ce contexte, la question se pose : jusqu’où ira cette escalade de violences ? Les autorités maliennes sauront-elles inverser cette tendance avant que d’autres vies ne soient sacrifiées ?