
Dans un geste fort en faveur des populations vulnérables du Nord-Kivu, l’UNFPA a offert une ambulance entièrement équipée à l’Hôpital Général de Référence d’Oïcha. Ce véhicule médicalisé, destiné au service de maternité et d’obstétrique, a pour mission de faciliter le transfert rapide et gratuit des urgences vers les structures de soins adaptées.
Les cibles prioritaires de ce dispositif sont multiples : femmes enceintes en situation de complication, survivantes de violences sexuelles, enfants en état critique et blessés de guerre. Auparavant, l’absence de moyens de transport spécialisés transformait ces transferts en parcours semés d’embûches, souvent mortels. Cette ambulance marque donc un tournant décisif pour la survie des patients dans une région sous tension.
Cette initiative s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale du « zéro franc à la caisse », financée par le Fonds National des Réparations des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et autres crimes contre l’humanité (FONAREV).
Le Médecin directeur par intérim de l’HGR d’Oïcha, Dr Kaseraka Nzala Essaie, a tenu à saluer l’engagement de l’UNFPA. Pour lui, cette ambulance représente bien plus qu’un simple véhicule : « Dans une région régulièrement frappée par des attaques, cette ambulance est un outil de survie. Chaque minute gagnée ici sauve des vies. »
La cérémonie de remise de l’ambulance a été l’occasion de mettre en lumière son rôle crucial dans un contexte où les attaques répétées du groupe armé ADF ont poussé des milliers de familles à fuir. Oïcha et Beni accueillent désormais une population en hausse de plus de 40 %, composée de déplacés extrêmement vulnérables.
Parallèlement à cette dotation, des travaux de réhabilitation de la salle d’accouchement sont en cours. L’Hôpital Général de Référence d’Oïcha, qui dispose de 89 lits, assure en moyenne 350 accouchements mensuels, sous une pression démographique constante.
Une prise en charge globale pour les victimes
L’ambulance n’est qu’un maillon d’une réponse plus large. Le Représentant de l’UNFPA a également visité le Centre Intégré de Services Multisectoriels (CISM) intégré à l’hôpital. Ce centre offre un accompagnement holistique aux survivants de violences sexuelles et de violences basées sur le genre : soins médicaux, soutien psychosocial, assistance juridique et réinsertion.
Lors de cette visite, plusieurs bénéficiaires ont témoigné, exprimant leur profonde gratitude pour la qualité de l’accompagnement reçu. Ces services jouent un rôle clé dans leur reconstruction physique et mentale, après des épreuves souvent traumatisantes.
Alain Akpadji, Représentant résident de l’UNFPA en RDC, aux côtés de survivantes au Centre Intégré de Services Multisectoriels d’Oïcha, Nord-Kivu.
Un drame humain et sanitaire aux multiples facettes
Oïcha, située dans le territoire de Beni, est au cœur d’une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent. Les attaques répétées du groupe armé ADF ont provoqué l’exode de milliers de familles, entraînant une augmentation de plus de 40 % de la population locale, composée majoritairement de déplacés. Cette situation aggrave la pression sur les infrastructures sanitaires déjà fragilisées.
À cette crise sécuritaire s’ajoute un autre défi majeur : la 17ᵉ épidémie de Maladie à Virus Ebola (souche Bundibugyo), qui frappe la région de plein fouet. Les violences sexuelles liées aux conflits et les graves violations des droits humains aggravent encore la situation.
Un partenariat international pour restaurer la dignité
Cet appui s’inscrit dans le cadre des Mesures Provisoires d’Urgence (MPU), financées par le FONAREV via un Programme Conjoint des Nations Unies. Ce programme rassemble plusieurs agences onusiennes, dont le PNUD, l’UNICEF, ONU Femmes, le BCNUDH et l’UNFPA, qui assure le leadership de cette initiative.
En collaboration avec des partenaires locaux comme PPSSP, Heal Africa et TPO, ce programme vise à accompagner et réparer les victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes graves dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.






