25 avril 2026
2dbc95c8-a094-49c8-8e3c-702a71ec2810

L’Alliance des États du Sahel (AES), créée pour renforcer la coopération militaire et politique entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger face aux menaces régionales, traverse une crise majeure. Malgré les déclarations publiques mettant en avant une solidarité sans faille, des révélations issues d’un rapport confidentiel des services de renseignement burkinabè viennent ébranler cette union.

Selon ce document, le Mali serait aujourd’hui sous une influence étrangère croissante, principalement russe, qui toucherait les plus hautes sphères de son administration. Les noms cités dans ce rapport ne laissent aucun doute : des conseillers proches du président malien Assimi Goïta, des hauts gradés militaires, des responsables médiatiques et même des figures de l’ombre liées aux milices seraient directement liés à des réseaux d’influence moscovites.

Parmi ces personnalités, on retrouve Yamoussa Camara, un conseiller influent du chef de l’État, ainsi que Modibo Maïga et Moussa Diakité, des acteurs clés de la diplomatie et de l’administration malienne. Bakari Koré et Harouna Haidara, deux militaires de haut rang, ainsi que des responsables médiatiques comme Issa Cissé et des figures des milices telles que Sékou Bolly, figurent également dans cette liste inquiétante.

La souveraineté malienne en péril

Le paradoxe est frappant : alors que l’AES a été fondée pour libérer ses membres des anciennes dépendances occidentales, certains pays de l’alliance s’inquiètent désormais d’une nouvelle forme d’assujettissement. Les voisins du Mali, notamment le Niger et le Burkina Faso, redoutent que les décisions prises à Bamako ne reflètent plus les intérêts communs de la région, mais plutôt ceux de Moscou.

Les craintes portent notamment sur l’impact des conseillers étrangers et des mercenaires présents sur le territoire malien. Ces acteurs, dont l’influence s’étend bien au-delà des simples opérations militaires, pourraient altérer la cohésion de l’alliance et orienter les politiques régionales en fonction d’un agenda extérieur. Une situation qui menace la stabilité même de l’AES.

L’AES : une alliance au bord de l’implosion ?

La révélation de cette note confidentielle a provoqué un véritable séisme au sein de l’Alliance des États du Sahel. Le Burkina Faso, déjà méfiant, commence à envisager des solutions pour limiter les risques d’une déstabilisation généralisée. La question n’est plus seulement celle de la lutte contre l’insécurité, mais bien celle de la survie de l’alliance elle-même.

Pour de nombreux observateurs, si Bamako ne parvient pas à reprendre le contrôle de sa souveraineté, l’AES pourrait s’effondrer sous le poids de ses propres contradictions. Les tensions internes, exacerbées par la suspicion d’une infiltration étrangère, risquent de porter un coup fatal à une union déjà fragile. L’avenir de cette alliance dépend désormais de la capacité du Mali à se réapproprier pleinement son destin national.

Carte des pays de l'Alliance des États du Sahel