19 juin 2026
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Des personnes arrêtées par les rebelles de l’AFC/M23 à Goma

Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a rendu hommage à la force d’âme des populations affectées par les conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo, tout en rappelant la position ferme du Parlement sur l’unité et l’intégrité territoriale.

Lors de son discours de clôture de la session ordinaire de mars 2026, le 15 juin, il a d’abord salué la résilience des déplacés internes et des réfugiés, dont la situation humanitaire reste très préoccupante. Il a ensuite adressé un message de soutien aux habitants du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, les encourageant à poursuivre leur résistance face aux épreuves.

« Je salue la résilience remarquable de nos compatriotes déplacés et réfugiés. Leurs souffrances sont au cœur des préoccupations de la Représentation nationale. Je tiens à exprimer ma solidarité et mon espérance à nos frères et sœurs du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri qui continuent de faire preuve de résistance face aux troupes rwandaises et à leurs supplétifs de l’AFC/M23. »

Dans un passage prononcé en swahili puis en français, le chef de la Chambre basse a martelé que le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri sont et resteront des parties indissociables de la RDC, un héritage sacré légué par les ancêtres. Il a affirmé que l’occupation illégale de l’Est n’est ni définitive ni irréversible : « Cette occupation barbare prendra fin », a-t-il assuré.

S’adressant aux partisans de la balkanisation, Aimé Boji Sangara a mis en garde contre toute illusion : « Que ceux qui croient que nos frères et sœurs vivant dans les territoires occupés peuvent renoncer à leur appartenance nationale ou pactiser contre la patrie se trompent lourdement. Nous demeurons en parfaite communion avec eux et nous défendons ensemble, sans relâche, l’unité nationale, l’intégrité territoriale et la souveraineté de notre pays. Notre plus grande arme face à l’adversité n’est pas seulement militaire, c’est avant tout notre patriotisme, notre unité nationale et notre résilience. »

Il a rejeté toute tentative de division ou d’instrumentalisation des populations de l’Est, réaffirmant le caractère indivisible de la RDC : « Que les forces obscures qui agressent notre pays à l’Est sachent qu’elles trouveront un mur de solidarité infranchissable. La République démocratique du Congo est une, indivisible et plurielle. Que vous soyez à Goma, à Muanda, à Gemena ou à Lubumbashi, le sang qui coule à l’Est est le nôtre. L’unité nationale n’est pas un vain mot, c’est le ciment de notre survie et de notre grandeur. Nous nous défendrons jusqu’au dernier millimètre carré de notre territoire. »

Sur le terrain, la situation sécuritaire dans l’Est continue de se détériorer. Malgré les accords de paix, notamment l’Accord de Washington parrainé par les États-Unis et le processus de Doha mené avec le soutien du Qatar et de l’Union africaine, les violences persistent. Les populations civiles subissent toujours des déplacements forcés et des exactions, dans un contexte de baisse des financements humanitaires internationaux. Les appels au respect des engagements diplomatiques restent sans effet, chaque partie interprétant les textes à sa guise, ce qui rend la mise en œuvre des solutions de plus en plus incertaine.